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Contactez nous Bassin d'Arcachon

Ce matin, je prends mon vélo et pars sur les traces de Saint Jacques de Compostelle.

Ma balade commence devant Notre Dame de Lanton. Édifiée au 12éme siècle, cette église romane est l’une des plus anciennes du Bassin. Récemment rénovée, je contemple sa nouvelle jeunesse lorsque j’entends les pas d’un groupe de marcheurs. Je n’en crois pas mes yeux ! Le passé me rattrape ! Un bourdon (ou bâton du pèlerin) à la main, une pèlerine (grande cape) sur les épaules, une coquille Saint Jacques autour du cou et une besace accrochée à la ceinture, ces voyageurs ont toute la panoplie du parfait pèlerin. Ils semblent épuisés mais heureux d’être arrivés jusqu’ici. Comme au Moyen Age, Notre Dame de Lanton les accueille et leur accorde un peu de repos. Je crois bien que mon imagination me joue des tours.

Cette vision du passé me désoriente un peu mais je reprends rapidement mes esprits et me lance sur la route de l’ancien temps. Je rejoins la piste cyclable et file en direction d’Audenge.

Arrivée près de l’église d’Audenge, je repère, non loin de là, la rue balisée d’une coquille Saint Jacques, qui va me mener à Biganos. Je prends mon temps et baroude sur une petite route bordée par la forêt qui me conduit au port des Tuiles. La marée est haute. J’en profite pour me rafraîchir le visage. Durant leur périple, il arrivait que les jacquets se blessent ou tombent malade. Tout près de ce petit port se trouve le Prieuré de Comprian qui, dès le 11éme siècle, prit les fonctions d’hôpital et de refuge pour ces voyageurs en difficulté.

Après cette petite pause, je rejoins le second port de Biganos. Il est midi. Je m’installe sur une table de pique-nique, entourée des cabanes aux vives couleurs qui caractérisent ce lieu. Je tire mon repas du sac lorsque tout d’un coup, à côté de moi, venant tout droit du Moyen Age, surgit un pèlerin bien décidé à me tenir compagnie pour le déjeuner. Je profite de sa présence pour essayer de comprendre ce qui peut motiver des personnes à rejoindre Saint Jacques de Compostelle par une si longue marche. Pour lui, c’est une démarche volontaire faite pour rattraper des erreurs passées. Il m’apprend que pour d’autres, ce voyage est imposé soit par l’Eglise comme pénitence, soit par le pouvoir civil comme sanction. J’écoute avec attention quand, comme par magie, il disparaît.

Mon repas terminé, je retrouve la piste cyclable et la suis jusqu’au Relais nature du Teich. Sur place, je dépose mon vélo et continue ma route à pied. Je longe les rives de l’Eyre et m’enfonce dans la forêt. Au loin, j’aperçois un petit édifice en pierre. C’est la fontaine Saint Jean. Encore bien conservée, elle présente tout de même des traits de fatigue et est dépourvue d’eau. Pour lui redonner un espoir de vie, je sors ma bouteille d’eau et la verse en son cœur. C’est alors que, venus de nulle part, des chiffons humides s’accrochent dans les arbres qui m’entourent. Tout proche de moi, une femme, que je n’ai pas vu apparaître, passe un de ces chiffons sur le corps de son enfant qui présente des problèmes de peau. Elle me confie que l’eau de la fontaine guérira le mal de son fils. Encore une fois, en quelques secondes, ce décor imaginaire disparaît laissant derrière lui une fontaine miraculeuse privée de sa source mais remplie d’histoires.

Mon petit pèlerinage se termine. Je retourne sur mes pas et repars sur la piste cyclable qui me conduira à mon point de départ. Je repense à la Fontaine Saint Jean. Elle m’intrigue. Demain, je contacterai Jean, raconteur de Pays, qui la connait bien. Il pourra m’en dire plus sur ses mystérieux pouvoirs de guérison lors d’une promenade sur les rives de la Leyre en sa compagnie.

Article écrit par Charleine

Crédit photo : Evelyne Gonin / Ot Coeur du bassin

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